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  • Maëla Barçon

La littérature jeunesse, entre complexité et richesse

Adultes, adolescents ou enfants, nous sommes tous attachés à la littérature jeunesse. Beaucoup d’entre nous gardent de merveilleux souvenirs de leurs lectures d’enfant et d’adolescent, en témoigne l’engouement adulte pour les nouveaux ouvrages liés à Harry Potter. Néanmoins, la littérature jeunesse francophone a longtemps souffert d’un manque de légitimité et a gagné ses lettres de noblesse seulement dans les années 1980. Made in France vous emmène à la découverte d’un genre littéraire complexe analysé par l’expert Daniel Delbrassine à l’occasion de la fête littérature jeunesse.

Daniel Delbrassine est professeur de didactique du français et des langues romanes étrangères ainsi que de littérature jeunesse à la faculté de philosophie et de lettres de l’université de Liège en Belgique. Enseignant au lycée pendant de nombreuses années et marqué par le manque d’intérêt pour la lecture de ses élèves, il s’est intéressé à la littérature jeunesse et lui a consacré sa thèse de doctorat intitulé « Le roman pour adolescents aujourd’hui : écriture, thématiques et réception » en 2006.

Mais qu’est-ce que la littérature jeunesse ?

Daniel Delbrassine explique que ce genre est particulier, puisqu’il se définit par son public destinataire. Or un roman policier ne s’adresse pas qu’aux policiers, comme un roman québécois ne s’adresse pas seulement aux Québécois. L’appellation seule ne permet pas de définir ce qu’est la littérature jeunesse mais indique uniquement qui sont ses lecteurs.

De plus, un terme comme « jeunesse », qui paraît de prime abord simple à comprendre, est bicéphale et rend compte d’une dualité. En effet, la littérature jeunesse englobe les enfants et les adolescents, qui sont pourtant deux publics différents à ne pas mélanger. Si les langues française (littérature jeunesse) et anglaise (children’s literature) ne retranscrivent pas cette dualité, l’espagnol (literatura infantil y juvenil), l’allemand (Kinder- und Jugendliteratur) et l’italien (letteratura per bambini e ragazzi) en font état.

Il est intéressant de constater que la séparation entre la littérature jeunesse et la littérature adulte n’est pas aussi nette dans les mondes anglophone et germanophone qu’elle l’est dans les pays francophones. Cela explique en partie le manque de légitimité dont a souffert la littérature jeunesse francophone jusqu’aux années 1980. Ce genre littéraire était alors sujet à une production de masse au déficit de la qualité du texte et de l’aspect esthétique de l’ouvrage. Il y avait également peu d’auteurs spécialisés dans la littérature jeunesse. Grâce aux efforts de maisons d’éditions et d’auteurs, ce genre s’est imposé comme une littérature à part entière dans les années 1980 et a acquis une légitimité dans le milieu artistique. Certaines maisons d’éditions, à l’instar de Gallimard, ont encouragé des auteurs renommés à se lancer dans la littérature jeunesse. Daniel Delbrassine évoque notamment Michel Tournier, grand auteur français des années 1970 qui s’est mis à écrire des ouvrages à destination du jeune public et a ainsi contribué à légitimiser ce genre littéraire.

La littérature jeunesse s’impose donc comme un genre littéraire complexe mais riche et passionnant que Daniel Delbrassine nous invite à découvrir en profondeur dans le MOOC « Il était une fois la littérature jeunesse ». Cette formation à distance gratuite proposée par l’Université de Liège en partenariat avec la Haute Ecole Charlemagne de Liège est un excellent moyen d’en savoir plus sur les différents types d’ouvrages consacrés à la jeunesse et le monde de l’édition au côté de professionnels du domaine.

Une occasion à ne pas manquer pour les amateurs de littérature !