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  • Madeleine Cosson-Flanagan

BD, Histoire et Archéologie

Updated: Jan 25



En France, l’idée d’une exposition « bandes dessinées et archéologie » a le vent en poupe. Ainsi, le musée du Louvre a proposé l'exposition « L'Archéologie en Bulles » dans La Petite Galerie du Louvre du 26 septembre 2018 au 1er juillet 2019. Au même moment, à Antibes, du 11 mai au 6 octobre 2019, au Musée d’Archéologie du Bastion Saint-André*, un événement entre BD et archéologie, est organisé. Une trentaine de planches du polar historique en trois tomes, Les Ombres du Styx d’Isabelle Dethan est présenté.


Dans son sciage, le Musée de Picardie, en collaboration avec le Louvre, a proposé à l'été 2021, du 29 mai au 29 août, avec l’association « On a Marché sur la Bulle » une exposition intitulée « Chasseurs de trésors : Archéologie et bande dessinée ». Et, pour clôturer l’année 2021, c’est le musée Vesunna de Périgueux qui a proposé du 2 juillet au 28 novembre 2021, une exposition qui a rassemblé BD et archéologie gallo-romaine pour le centenaire de Jacques Martin, bédéiste franco-belge. On retrouve sur l’affiche publicitaire de l’événement, deux de ses héros, l’intrépide Alix accompagné de son ami Enak.


On voit bien que chacun des trois termes, « bande dessinée, histoire et archéologie » ont en commun imagination, civilisations disparues, images et visages historiques, aventures qui se déroulent dans des mondes, des espaces dans lesquels évoluent des hommes et des femmes du quotidien ou des personnages hors du commun. Ils permettent à la fiction et à la réalité de s’exprimer et de nous faire rêver en les sublimant à travers des bandes dessinées et leurs héros. Cette prise en main par les bédéistes est réelle.


L’archéologie a ce pouvoir. La découverte du trésor de Toutankhamon, puis la malédiction qui aurait poursuivi ceux qui l’on découvert, a contribué à nourrir l’imagination d’histoires et légendes multiples. Le roman, le cinéma s’en sont nourris. Pourquoi pas le 9e art ?

L’aventure, l’imagination et l’histoire se mélangent. Sur des connaissances historiques réelles, les dessinateurs-scénaristes, créent des héros et les font évoluer dans les bulles.


Ainsi, Alix, héros de bande dessinée, mentionné plus haut pour l’exposition de Périgueux, jeune esclave d'origine gauloise, adopté ensuite par un riche romain, devenu sénateur romain, est le personnage principal de Jacques Martin (1921-2010). Ses aventures nous font découvrir le monde gallo-romain à l’époque de César. Nous revivons ainsi les grands moments des grandes civilisations de cette époque, les Romains, bien sûr, la Grèce antique et l’ancienne Carthage aussi, dans la vie de tous les jours, la structure des sociétés, l’architecture, la guerre et les religions. Bref, le quotidien des habitants de ces cités historiques.


Souvent les héros des bandes dessinées nous ramènent vers l’histoire, l’archéologie. Ainsi, un autre personnage que nous connaissons bien, Astérix, lui aussi par ses exploits et ses voyages, nous fait voir, revoir ou découvrir des métropoles gauloises en France et dans d’autres pays en Europe sous l’éclairage du monde romain, la diversité des langues, des cultures, à l’époque de Jules César. Revoir l’histoire et les problématiques d’un quotidien qui pourrait être actuel, à travers d’autres prismes.


L’Égypte ancienne a toujours fasciné elle aussi. On la retrouve autant chez Tintin dans « Les cigares du pharaon », que dans les aventures politico-policières des héros Blake et Mortimore dans « Le Mystère de la Grande Pyramide » et ses deux parties par exemple. Toutes les grandes civilisations anciennes ont servi de sources aux bandes dessinées. On peut repenser à Tintin à nouveau et à ses aventures dans « Le temple du soleil » ou « L’oreille cassée ».


Si, pour l’instant, nous avons surtout fait référence aux trois principaux représentants de l'école dite « de Bruxelles », Martin, Hergé et Jacobs, l’utilisation de la bande dessinée a beaucoup servi à mettre à la portée de tous, en aidant notre imagination à découvrir, à mieux comprendre l’histoire et la vie quotidienne que les vestiges archéologiques ont permis de révéler. Mais les bédéistes contemporains savent aussi puiser dans l’histoire et l’archéologie, s’inspirer de la préhistoire ou de l’Égypte ancienne pour imaginer des personnages d’un monde ancien ou à venir.


Ainsi, Anki Bilal, dans sa trilogie Nikopol, volume 1 « La Foire aux Immortels », s’approprie des figures égyptiennes, ou bien Jul dans « Silex and the City »** propose une « vie contemporaine au paléolithique » pour une famille plutôt moderne, au quotidien contemporain avec un décalage certain. Comment ne pas y voir un clin d’œil aux dessins animés américains des années 60 avec la famille Jetson et bien sûr les Flintstones. Le tome 9 de Silex, au titre évocateur, « La dérive des confinements », avec ironie à la réalité entre préhistoire et vie contemporaine : Bien joué !


On ne peut quitter « BD, histoire et archéologie » sans parler des nombreux ouvrages de bandes dessinées historiques proposées par des villes pour mettre en valeurs leur histoire, ou par des lieux archéologiques mondialement connus. On peut ainsi nommer la très belle « L’histoire de Nantes » en bande dessinée ou le guide archéologique lui aussi en bande dessinée qui retrace les derniers jours de Pompéi.


On voit bien que la bande dessinée, en tant qu’art a su montrer qu’elle sait être un pont entre les réalités et les découvertes historiques, archéologiques et contemporaines de notre monde depuis sa naissance. Les nombreux albums des XXe et XXIe siècles sont là pour nous le prouver.